Syrie: « Toute initiative de paix doit être soutenue », par le card. Zenari

Publié le par Patrice Kouakou Wanset

Posted by Marina Droujinina on 27 January, 2017

  
  
Alep, Syrie © Twitter Cor Unum

« Toute initiative de paix doit être soutenue » en Syrie, affirme le cardinal Mario Zenari, nonce apostolique à Damas : « On vit d’espérance et il faut tenter toute initiative qui puisse aller dans ce sens. »

A l’antenne de Radio Vaticanle cardinal Zenari évoque les pourparlers de paix syriens qui se sont tenus les 23 et 24 janvier 2017 à Astana, au Kazakhstan. Le nonce apostolique a accompagné Mgr Dal Toso, le secrétaire délégué du Dicastère pour le service du développement humain intégral, lors de sa visite à Alep, du 18 au 23 janvier. Il s’agissait de la première visite officielle de représentants du Saint-Siège depuis la fin des hostilités à Alep.

« Toute tentative est la bienvenue, déclare le cardinal, c’est un pas positif, un pas significatif ». Il espère que d’autres initiatives suivront : c’est important, « surtout maintenant, à l’approche de la rencontre qui va avoir lieu début février à Genève », note-t-il.

Le cardinal Zenari évoque aussi la situation de la population civile à Alep : « Les besoins sont énormes ! Nous avons pu nous rendre dans la partie Est, une zone entièrement musulmane ; avec la Caritas nous avons ouvert un centre de distribution et d’aide pour tous, sans distinction ethnique ou religieuse. »

« Là-bas, la pauvreté est immense, poursuit-il, il suffit de regarder les destructions. Il n’y a pas de mot pour exprimer ce que j’ai ressenti devant ces destructions, les signes de ces atroces batailles … »

La délégation du Saint-Siège a également visité le camp de réfugiés de Sebring, « du côté de l’aéroport ». « On a été frappés de voir surtout des enfants et des femmes, dit le cardinal, là aussi il y en a environ 5 000, ils manquent de tout ».

Les enfants syriens « vivent un terrible drame, témoigne le nonce apostolique, ils seront certainement les premiers à porter un message de réconciliation et de paix ».

Outre les organisations humanitaires chrétiennes, certains organismes internationaux sont aussi présents à Alep. « Des personnes de l’Unicef », raconte le cardinal, « faisaient chanter » les enfants dans le camp de réfugiés, « organisaient des jeux » : « nous avons donc vu des enfants sourire », dit-il.

La prière œcuménique organisée à l’occasion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens a été un des moments forts de la visite : « L’église était comble, dit le cardinal Zenari, nous avons eu là aussi un beau signe d’unité qui sera certainement un grand soutien pour tenter d’aller vers la réconciliation et la paix. »

La population musulmane et chrétienne de la ville a accueilli la délégation du Vatican « avec beaucoup de reconnaissance », poursuit le nonce. Il s’agit d’« une grande reconnaissance pour le pape François : tout le monde sait tout ce que le pape a fait et fait pour la paix et la réconciliation en Syrie ».

« Nous avons rencontré les divers chefs religieux, le mufti d’Alep, raconte le cardinal. Ils m’ont amené voir aussi cette fameuse mosquée qui a été détruite, et là une autorité musulmane nous a expliqué que tout le monde a souffert dans cette terrible guerre d’Alep; il disait: ‘Ici, dans cette mosquée un jeune militaire chrétien a perdu la vie’. » 

« Une demi-heure avant, poursuit-il, nous avions visité ce qui fut l’église protestante, complètement détruite. Le pasteur nous a dit que sous les décombres sont encore ensevelis quatre militaires musulmans qui défendaient l’église. Il y a donc aussi des exemples très touchants de chrétiens qui ont perdu la vie dans leur service comme militaires dans une mosquée et vice-versa. »

Avec une traduction d’Océane Le Gall

Commenter cet article