Sainte Marthe : «la guerre commence dans le cœur de l’homme»

Publié le par Patrice Kouakou

(RV) Nous sommes tous responsables de la paix: le Pape François l’a rappelé, ce jeudi 16 février 2017, lors de la messe matinale célébrée en la chapelle de la maison Sainte-Marthe, au Vatican. Le Saint-Père a mis en lumière la souffrance de tant de personnes qui sont happées par les guerres voulues par les puissants et les marchands d'armes. Et il a raconté comment, enfant, il a vécu les nouvelles de la fin de la guerre.

La colombe, l'arc-en-ciel, l'alliance: le Pape s’est attardé sur ces trois images de la première lecture du livre de la Genèse, qui relate que Noé «lâcha une colombe» après le déluge. Cette colombe, qui revient avec la branche d'olivier, est «le signe de ce que Dieu voulait après le déluge: la paix, que tous les hommes soient en paix».

«La colombe et l'arc-en-ciel, observe le Saint-Père, sont fragiles.» «L'arc-en-ciel, note t-il, est beau après la tempête, mais vient un nuage et il disparaît.» «Même la colombe est fragile », poursuit le Pape qui se souvient que lors de l'Angélus il y a deux ans, deux colombes, libérées par des enfants depuis la fenêtre du Palais apostolique, avaient été tuées par une mouette.

Les gens meurent à cause des guerres voulues par les puissants

«L'alliance que Dieu fait est forte», souligne le Pape. «Dieu fait la paix avec nous, poursuit-il, mais il est difficile de prendre soin de la paix.» «C’est un travail de chaque jour, car à l'intérieur de nous il y a encore cette semence, ce péché originel, l'esprit de Caïn qui par envie, jalousie, cupidité et désir de domination, fait la guerre.» Le Pape observe ainsi qu’en parlant de l'alliance entre Dieu et les hommes, nous nous référons au «sang»: «De votre sang, peut-on lire dans la première lecture, je demanderai des comptes, je demanderai des comptes à chaque être vivant, et je demanderai des comptes de la vie de l'homme à l'homme, à chacun de ses frères.» «Nous sommes donc, précise le Saint-Père, gardiens des frères et quand il y a effusion de sang, il y a péché et Dieu nous demandera des comptes.»

«Dans le monde d'aujourd'hui, déplore le Pape, il y a effusion de sang. Aujourd'hui, le monde est en guerre. Tant de frères et sœurs, même innocents, meurent, parce que les grands, les puissants, veulent un morceau en plus de terre, veulent un peu plus de pouvoir ou veulent faire un peu plus de gain avec le trafic d'armes. Et la Parole du Seigneur est clair: de votre sang, je demanderai des comptes. Même à nous, qui semblons être en paix, ici, le Seigneur demandera des compte du sang de nos frères et sœurs qui souffrent de la guerre.»

La déclaration de guerre commence en chacun de nous

«Comment est-ce que je prends soin de la colombe ?», interroge alors le Pape François. «Qu'est-ce que je fais pour que l'arc-en-ciel soit toujours un guide, pour que ne soit plus versé plus de sang dans le monde ?» «Nous sommes tous impliqués dans ce domaine», insiste le Saint-Père, rappelant que «la prière pour la paix n’est pas une formalité, le travail pour la paix n’est pas une formalité.»

Et le Pape de noter avec amertume que «la guerre commence dans le cœur de l’homme, elle commence à la maison, dans les familles, entre amis, puis va plus loin, dans le monde entier». Voilà pourquoi, affirme le Saint-Père, il est important de se poser la question: «comment est-ce que je chéris la paix dans mon cœur, dans mon âme, dans ma famille?»

Le souvenir de la fin de la guerre dans la mémoire d’un enfant

Le Pape François achève son homélie en confiant une anecdote personnelle à propos de la paix, lorsqu’il était enfant : «Je me souviens, que l’alarme des pompiers a commencé à sonner, puis celle des journaux et dans la ville ... Aussitôt j'ai entendu la voisine appeler ma mère: "Madame venez, venez". Et ma mère est sortie, un peu effrayée: "Qu'est-il arrivé?" Et la voisine de l'autre côté du jardin déclara en pleurs: "la guerre est finie."»

Le Saint-Père évoque alors l'étreinte des deux femmes, les larmes et la joie parce que la guerre était finie et il conclut: «Que le Seigneur nous donne la grâce de dire: la guerre est finie, et en pleurant d’affirmer la guerre est finie dans mon cœur, dans ma famille dans mon quartier, dans le monde».

(HD)

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

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