Indenié Djuablin : prévention et lutte contre la corruption, Autorités et populations, tous engagés pour une coalition nationale

Publié le par Patrice Kouakou

Indenié
 
Le pari de la mobilisation des autorités locales et des populations autour des mécanismes de veille et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées en l’occurrence, la Plateforme Anticor et le Comité local d’intégrité, initié par la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), est devenu une réalité qui prend forme dans les villes et départements de la Côte d’Ivoire.

La tournée de sensibilisation dans l’INDENIE DJUABLIN, des autorités locales et des populations, sur la prévention et la lutte contre la corruption et les infractions assimilées et ses conséquences a connu un engouement total et une grande mobilisation des différents acteurs cités plus haut Autorités locales et des populations, le vendredi 23 juin 2017.
C’est une salle pleine de la préfecture d’Abengourou, qui a reçu les autorités venues de toute la région de l’INDENIE DJUABLIN. La délégation de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance conduite par M. ADOU Serges Philippe, membre du Conseil de cette institution, a été accueillie par le Préfet de BETTIE représentant pour la circonstance le Préfet de Région, Préfet du département d’Abengourou, l’ensemble du corps préfectoral, le 2ème Adjoint au Maire, les élus dont le Député d’Abengourou, le Maire de BETTIE, ainsi que les chefs d’unités d’Abengourou.

A l’instar de l’étape de BONDOUKOU, la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, par la voix de M. ADOU Serge Philippe, a délivré le message du Président de l’Institution, Son Excellence M. Seydou Elimane DIARRA. Il a indiqué que la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption constitue un des axes forts de la politique de développement du gouvernement ivoirien.

Il a, tout d’abord, rappelé les objectifs de la mission aux autorités administratives locales et aux populations qui portent notamment sur la présentation du dispositif juridique et institutionnel de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées établi par le Gouvernement. Puis, Il a insisté sur la mise en place d’un cadre de concertation et de plusieurs mécanismes de surveillance, de veille et de dénonciation des actes de corruption et infractions assimilées. L’objectif final de cet espace d’échanges est de parvenir à une coalition nationale de tous les acteurs de la société, en vue de prévenir et lutter contre ce fléau. Enfin, il a rappelé au corps préfectoral et aux élus, la nécessité de s’approprier ce dispositif et de se mobiliser autour de cette problématique, afin qu’imprégnés de l’arsenal juridique de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées, ils puissent le relayer auprès des populations qu’ils administrent. Il a terminé ses propos en insistant sur l’impérieuse nécessité pour l’ivoirien d’adopter une conduite nouvelle, face à ces comportements déviants aux conséquences néfastes sur la vie des populations. Les deux instruments de concertation et de veille ont été également présentés à l’assistance.

Après la présentation de ce dispositif juridique à l’assistance, de longs et fructueux échanges entre la délégation de la Haute Autorité et les autorités administratives, ont marqué cette étape. Enfin, la Plateforme Anticor et le Comité local d’intégrité ont été installés.

Comme l’a expliqué, le conférencier, M. Jacques III ACHIAOU, Directeur de la Sensibilisation et de l’Education à la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), ces deux instruments sont des cadres de concertation et d’échanges entre les autorités administratives et les populations qui seront installés dans chacune des régions du pays. Ils serviront de rempart contre la corruption au plan local, en formant et en informant les acteurs publics et les membres de la société civile sur les manifestations et les conséquences de la corruption.

Il a, en outre, insisté sur la légitimité de cette initiative, et cela, conformément aux dispositions de l’article 23 de l’Ordonnance n°2013-660 du 20 septembre 2013 relative à la prévention et la lutte contre la corruption et les infractions assimilées qui précise que « …de façon générale, le regroupement de la société civile est appelé à surveiller le fonctionnement des institutions en coopérant avec les autorités publiques et les entreprises de manière à renforcer leurs capacités de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées à travers des campagnes de sensibilisation, d’éducation, de formation et de protestation sur les dangers que représentent ces fléaux pour la société. ».

L’’objectif de la Plateforme Anticor est de doter les localités d’un cadre de dialogue sur les questions liées à la corruption et les infractions assimilées. La plate forme Anticor est composée du corps préfectoral, d’élus, de représentants de la chefferie traditionnelle, de représentants des confessions religieuses, de directeurs départementaux ou régionaux et de membres du Comité local d’intégrité.

Quant au comité d’intégrité, autre instrument présenté à la population, il se compose essentiellement des acteurs de la société civile au plan local, notamment les ONG, les associations, les syndicats et les groupements de femmes et de jeunes. Il est chargé de surveiller le fonctionnement des administrations publiques locales dans la délivrance des services au public et dénoncer tout manquement ou comportement déviant des agents publics.

Ensuite, il est chargé d’organiser la participation des acteurs de la société civile locale à la prévention et à la lutte contre la corruption et les infractions assimilées à travers notamment la réalisation de sondages et le collectage des avis et opinions sur le niveau de corruption dans la localité. Selon le conférencier, enfin à termes, il s’agira de recenser les meilleures localités en matière de promotion de l’intégrité, de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées.

Autrement dit, il s’agit d’un instrument de veille géré par les populations, pour surveiller et dénoncer les actes de corruption dans chaque localité. Il se chargera « d’informer et de sensibiliser les populations sur les conséquences de la corruption, les modes de saisines, les voies et moyens de dénonciation. Il surveillera la délivrance des services au public par l’administration. Il renforcera les capacités des agents publics et des populations sur la corruption et les infractions assimilées. Il conduira des enquêtes d’opinion sur la corruption au plan local et pourra faire des propositions dans les réformes du dispositif anticorruption.

Le conférencier a souligné lors de la mise en place des membres de la plateforme Anticor et du Comité d’intégrité l’adhésion bénévole des membres. Il a martelé la nécessité de ce choix, car il faut privilégier l’engagement libre, qui à son sens, sera plus productif que l’avantage financier. Il est temps pour l’ivoirien de préserver et protéger l’intérêt général.

Au total, il faut retenir que L’engouement et l’intérêt suscité par l’ensemble des acteurs au cours de cette étape, ont été réellement perceptibles. Car, à la fin des séances, les participants ont tenu à saluer l’approche de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, qui selon eux, place la population en première ligne de la prévention et de la lutte contre la corruption. Ils ont émis le vœu que cette initiative ne soit pas une de plus, mais qu’elle soit suivie d’effets visibles. La délégation de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance est attendue dans les autres régions de la Côte d’Ivoire.
 
HABG

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