L’ONU exhorte l’Afrique à prévenir les conflits qui pourraient entraîner des atrocités

Publié le par Patrice Kouakou

Le conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU pour la prévention du génocide, Adam Dieng, a appelé lundi les pays africains à lutter contre la mauvaise gouvernance et la corruption afin de prévenir les conflits pouvant entraîner des atrocités.

La prévention des guerres et des conflits armés nécessite des acteurs étatiques et non étatiques, même au niveau individuel, a déclaré Adama Dieng lors d'une conférence régionale à Kigali, sur les défis et les conséquences humanitaires des conflits armés urbains dans le monde.

"Nous devons aborder la question de la gouvernance et de la corruption, nous devons mettre la prévention au sommet et nous devons également lier la prévention au développement et nous concentrer sur la gouvernance et la démocratie", a déclaré M. Dieng.

"Vous ne pourrez pas avoir la paix et la sécurité si vous ne vous occupez pas du développement et vice versa. Les conflits armés ne seront terminés que si les Africains sont responsables et honnêtes", a-t-il déclaré.

Il a appelé les pays à se conformer aux lois internationales et aux conventions de Genève, ajoutant que les conflits se produisent de plus en plus dans les villes avec des conséquences dévastatrices, y compris des pertes en vies humaines et la destruction d'infrastructures clés comme le système d'eau, l'éducation et les établissements de santé.

Il a déclaré que tous ces défis exigent des changements dans la réflexion stratégique des pays sur la façon de les traiter.

Aujourd'hui, ce ne sont plus des États qui sont engagés exclusivement dans des conflits armés, la participation des "non-acteurs" aux conflits africains continue d'être un défi, a-t-il ajouté.

La réunion a été organisée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour discuter des défis et des conséquences humanitaires d'un phénomène croissant du conflit armé urbain dans le monde entier.

Alors que les combats urbains les plus intenses ces dernières années se sont déroulés principalement au Moyen-Orient, le continent africain a également connu un passage des conflits armés des zones rurales aux zones urbaines, tendance qui durera en raison de l'urbanisation croissante, selon des experts.

Pascal Cuttat, le chef de la délégation du CICR à Kigali, a déclaré que les hostilités dans les conflits armés se déroulent de plus en plus dans des villes grandes et densément peuplées, ce qui pose de sérieux défis juridiques, militaires et humanitaires.

"Les villes africaines comme Bangui, Juba ou Mogadiscio ont été touchées. Il est urgent de limiter les conséquences pour une meilleure protection des civils", a déclaré M. Cuttat.

La rencontre dans la capitale rwandaise a réuni des représentants nationaux et régionaux et des experts des communautés humanitaires, universitaires, diplomatiques et militaires, pour partager leur expérience et leurs points de vue sur la question des conflits urbains.

Cette conférence fait partie d'une série de conférences sur le thème de "la guerre dans les villes" que le CICR a lancées en décembre 2016, à Genève, ainsi que dans les régions touchées par l'urbanisation des conflits armés et de la violence, dans le but d'identifier et de discuter des tendances actuelles et de leurs impacts sur l'action humanitaire.

Le CICR souhaite attirer l'attention du monde sur les conflits armés urbains et développer une réflexion sur la manière que les acteurs nationaux et internationaux devraient adopter pour améliorer les conditions de la population civile dans le monde en général et dans les villes africaines en particulier.

Jusqu'à 70% de la population mondiale vivra dans les villes d'ici 2050.

Les participants à réunion ont fait le point sur les conflits armés urbains passés dans les villes africaines, sur leurs motifs et leurs implications humanitaires. Ils ont également exploré des réponses opérationnelles et politiques adaptées aux besoins des personnes touchées par de tels conflits.

Xinhua

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